Chapitre 1 : l'attente

Chapitre 1 : l'attente
4h45, le réveil sonne et malgré l'heure matinale, je me lève d'un bond. « C'est aujourd'hui ! » me dis-je intérieurement. Vite, il faut me préparer et réveiller les autres. On ne doit pas arriver trop tard. Je me dirige alors vers la salle de bain pour tenter de me donner un air correct, parce qu'après la soirée d'hier soir, ça ne va pas être facile. Quelle idée de faire des crêpes jusqu'au minuit ! Enfin... Tant bien que mal, je me rafraîchit le visage, me maquille et m'habille. Il faut réveiller les filles maintenant. Je me demande si elles ont pu dormir cette nuit ; avec cet événement qui se profile... Même moi j'ai eu du mal à m'endormir et pourtant... J'arrive donc dans leur chambre et constate qu'elles sont encore à moitié endormies... Pas le temps de rêvasser ! « Debout tout le monde ! C'est le grand jour ! » Et effectivement, réalisant où elles se trouvent et ce qui les attend, elles se lèvent sans se plaindre et vont à leur tour se faire belle. Il faut dire que c'est la seule occasion qu'on aura avant longtemps, pour se faire remarquer d'eux.

Au fait, cette occasion qu'on attend depuis longtemps, c'est le concert de Tokio Hotel à Genève. Déjà qu'ils l'avaient annulé au mois de mars, on ne ratera pas celui-là. Comme toute fan, on espère pouvoir les rencontrer un jour mais malheureusement pour nous, chaque tentative s'est soldée par un échec. Au début, on a fait tous les concours possibles pour gagner une rencontre... A chaque fois raté ! Ensuite, les filles se sont décidé pour leur écrire ; mais elles étaient tellement stressées qu'ils puissent voir leurs têtes et de ne pas pouvoir voir leurs réactions qu'elles n'ont pas envoyé la lettre. Après ça, on a aussi essayé de trouver une personne qui pourrait les approcher (securitas, traiteur ou journaliste) mais décidément, nos proches font tous des métiers inutiles ! Finalement, on a décidé de monter un groupe de rock pour devenir célèbre... J'essaye de vous expliquer ce qui s'est passé ? Ben Virginie, ma s½ur s'est essayée à la batterie. Elle a manqué de se crever un ½il en voulant faire la maligne et lancer ses baguettes dans les aires. Du côté des guitares, moi, Géraldine, je me suis tordu un doigt en l'accrochant dans les cordes et Murielle s'est fait une tendinite à cause de la basse. Finalement, Delphine a eu une extinction de voix en tentant de chanter « Ich brech aus ». Bref, on a laissé tomber. Alors ce concert, c'est tout ce qui nous reste pour un jour pouvoir les approcher

Après quelques minutes, elles arrivent pour tenter d'avaler quelque chose avant le départ.

Elles, c'est ma s½ur et une de ses amies : Virginie et Deplhine. En temps normal, elles sont trois mais Murielle n'a pas pu venir : en vacances avec ses parents. Nous aurions bien fait le chemin jusqu'en Italie pour la kidnapper juste pour le concert mais on était même pas sûre du chemin... J Du coup, on a décidé d'essayer de lui ramener un autographe de son chéri, Tom. Ça va pas être simple, mais c'est ce qu'on s'est promis pour la réconforter... ( A vrai dire, le mieux serait de lui ramener Tom à la maison... Mais je crois qu'elle ne supporterait pas le choc alors... ). Enfin, ensemble, elles forment le trio de 3 amies inséparables, malgré quelques petites frictions à cause de leur caractère différent.
Ma s½ur est une grande blonde foncée de 17 ans, avec un piercing à la lèvre (j'ai réussi à la convaincre J). Elle a un caractère totalement opposé au mien : elle est affectueuse, le plus souvent d'une énergie calme et terriblement timide. Elle s'ouvre aux gens à partir du moment où elle les connaît mieux ; mais une fois ouverte, on peut plus la refermer ! C'est ma petite sangsue préférée pleine d'énergie.
Quant à Delphine, c'est la petite noiraude aux yeux bruns de 18 ans. Je la connais moins vu que je ne suis que la grande s½ur (et ça se respecte une grande s½ur ! lol) mais c'est quelqu'un qui a un caractère bien à elle. Elle peut s'énerver aussi vite que son ombre ! J Comme Virginie, elle garde une part de timidité en elle... sauf quand un beau mec passe devant elles, là, on peut plus les tenir !
Quand à moi, je suis l'autre grande blonde clair du groupe. Avec mes 22 ans, je suis la voix de la sagesse des filles, même si c'est plutôt ma s½ur qui doit me raisonner parfois tellement je fonce tête baissée dans les obstacles. J'ai trois piercings ( nez, nombril et langue) et j'avoue qu'il n'y a pas grand chose qui me fait peur.
Malgré ces quelques différences, deux choses nous rapprochent : le shopping et Tokio Hotel !!!

Alors qu'elles arrivent dans la cuisine de mon appartement, je sens l'impatience monter en elles. Je me dis que ce soir, je ne vais pas les reconnaître pendant le concert. J'aurais le droit à deux hystériques totalement à côté de la plaque pendant 3 jours. Et moi ? On verra comment je vais réagir. Faut dire que Tokio Hotel ne m'intéresse que depuis quelques mois. A force d'entendre ma s½ur hurler leurs paroles dans la chambre du dessus, fallait bien que je m'y intéresse aussi. Grosse erreur : ça me coûte toujours plus cher. Entre les deux cds, le billet d'entrée au concert et les nombreux magasines, c'est une passion presque plus coûteuse que le shopping !
Enfin, on remplit les sacs d'eau et de provisions. Chacune va 3 fois aux toilettes, pour éviter les allers-retours plus tard puis finalement on se dirige vers l'entrée, jusqu'à en oublier Jean-François, tellement concentrées sur la tâche qui nous attend ces prochaines 14 heures : écraser les groupies et se frayer un chemin jusqu'au rang le plus proche de EUX.
J-F, pour les intimes, c'est le petit Québecois qui a eu le malheur de venir passer ses vacances en Suisse alors qu'il y avait un concert de Tokio Hotel. A le voir après son 2ème café pour tenter de se réveiller (il imagine toujours que ces heures d'attente sont un cauchemar et qu'il va enfin se réveiller chez lui), il me fait un peu de peine. Il n'est pas spécialement fan de ce groupe et pourtant, il va vivre cette journée comme un fan. Il pourra toujours nous servir de garde du corps en cas de problème... Mais pas trop proches, il ne faudrait pas que le groupe croit qu'on est pas célibataire ;)

-Allons-y ! leur dis-je finalement.
J'entends les filles pousser des petits cris stridents derrière moi alors que J-F s'oppose à elles par des plaintes rauques. La journée va être longue.
Une heure de trajet plus tard, nous voilà à l'Aréna. La journée commence : il est 6h30, le concert est à 19h30. Ici, c'est le chaos : je pense qu'il y a déjà environ 150 personnes. Les gens se marchent dessus, certains dorment à même le sol dans des couvertures de survie et les filles là depuis 8 jours ressemblent plus à des ours perdus dans la civilisation qu'à des êtres humains. Cependant, on remarque tous qu'il n'y a pas besoin d'être là depuis 8 jours pour ne plus ressembler à un être humain. A côté de nous s'asseyent trois personnages totalement hors normes : il est 6h du mat' avec à peine 15° dehors et on voit débarquer des choses armées de mini-jupes roses et de grandes chaussettes noires en train de se faire des mèches au mascara. Ça ne doit pas être humain ce genre-là, ça couine, hurle et pousse des cris d'hystérie alors que rien ne se passe ; peut-être est-ce vivant ? Je préfère même pas me l'imaginer... Virgine me tire alors de mes pensées :
- T'imagines si on doit passer les prochaines 14 heures à côté d'elles ?!
- Autant les achever directement, répond Deplphine.
- Ok, je tiens et toi, tu frappes !
Quant à moi, je me répète inlassablement : « Mais qu'est-ce que je fous là ? » Et de toute évidence, ce doit aussi être l'avis de Jean-François qui regarde cette folie autour de nous.
Le temps passe lentement... Virginie et Delphine s'imaginent déjà le concert :
- Et si on leur sautait dessus au concert ? propose Virginie
- T'es fou ?! J'oserais jamais et pis, j'suis un peu trop petite, faudrait me lancer sur la scène.
- J'suis sûre que je peux y arriver.
- Mauvaise idée. Les secu vont te tomber dessus dès la première occasion, leur dis-je en gâchant leurs rêves de pouvoir s'accrocher à Bill ou Gustav.
Voilà tout l'avantage d'être quatre filles différentes : chacune a pris son chouchou dans le groupe. C'est plus simple et ça évite les embrouilles. Virginie a craqué pour le petit Gustav avec ses milles et une casquettes. Il semblerait que la timidité l'ait rapproché du plus effacé des membres. Pour Delphine, c'est plutôt Bill, le chanteur androgyne qui semble ne chercher que la muse qui lui inspirerait ses plus grandes chansons ; un rôle qui convient à Delphine. Murielle a craqué pour Tom, le grand dragueur mais pour sûr que ses beaux yeux bleus le feront craquer tout de suite. Quant à moi, j'ai pris le dernier, Georg. Vivement que je puisse l'amener chez le coiffeur, mais sinon, je pense qu'on irait ensemble comme une plante et son pot ! J

La journée passe ainsi tranquillement. On se trouve une place tranquille ; couchées, on attend, on sent que la tension monte. Jean-François ne sait plus quoi faire entre dormir et lire. Le choix des occupations est aussi difficile que limité.
Soudain, l'hystérie devient totale. Je me tire de mes rêveries en sursaut. « Que se passe-t-il ? » Je vois toutes les filles sortir leur décolletés, se remaquiller et foncer droit où nous sommes assis. « Au secours ! On va mourir étouffées ! »
- « Que se passe-t-il ? »
J'essaye d'interroger autour de moi... Mais toutes sont fixées sur un immense truc noir qui avance lentement le long des barrières où nous sommes assises : le bus de TH !!! Ils sont là derrière ? les fenêtres sont teintées, on ne distingue rien, pas une ombre, pas une silhouette. Mais pourtant, l'hystérie atteint son comble, puis finalement, le bus disparaît et tout le monde se rassied. Intérieurement, je me demande : « Georg était-il là ? M'a-t-il vue ? » Jean-François dort toujours, imperturbable. Delphine crie :
- J'espère qu'ils m'ont pas vue ! T'as vu la tête que j'avais ?
Virginie n'écoute même pas :
- Y'avait Gustav ! Je suis sûre, il m'a sûrement vue ! Qu'est-ce qu'il était beau !!!
Mais Jean-François redescend tout le monde sur terre :
- Les vitres étaient fumées, donc beau ou pas, tu peux même pas le savoir. Et non, ils vous auront pas regardé, sauf pour voir 3 hystériques derrière des barrières, trempées et bientôt malades.
Calmées, on se rassied. Quel rabat-joie celui-là ! Enfin... l'après-midi commence. Entre deux rêves, je discute avec Delphine et Virginie :
- Il pourrait quand même venir nous dire coucou à la fenêtre, se plaignent-elles. Ça ferait passer le temps !
- Ecoute, hurle Virginie, ils font les réglages !!! AAAAAAHHH IIIIIHHHH j'entends la batterie. Gustav n'a jamais été aussi loin de moi.
- Pfff, j'entends pas Bill chanter... Pourrait augmenter le son !
- Tu crois que Georg est là aussi ?

Le rythme s'accélère. Les portes vont bientôt s'ouvrir. On en profite pour cacher nos affaires, parapluie et glacière dans un coin. Devant, on se presse, on se pousse et après 2h d'attente debout, on entre d'un pas rapide, au pas de course, puis finalement en sprint pour dépasser celles qui arrivent de tous les côtés dans la salle. Jean-François n'a pas suivi. Tant pis, on le retrouvera à la sortie. On essaye de pousser tout le monde, mais rien à faire, on se retrouve coincée au centre de la salle, pas trop loin mais pas assez près à notre goût. Déception... Mais maintenant, il s'agit de ne pas tomber dans les pommes avant le concert (et même pendant d'ailleurs... On veut pas avoir attendu tout ça pour rien !). Je surveille ma s½ur qui me paraît blanche pendant que Delphine tente tant bien que mal d'atteindre une place où elle voit mieux la scène.

Soudain, les lumières s'éteignent et les cris des filles deviennent insoutenables ! « Ils vont arriver ! Ils vont arriver ! » J'arrive même pas à croire que c'est moi qui devient excitée comme ça. Les voilà, sur scène, face à nous, si proches et pourtant si loin : Bill, Tom, Georg et Gustav. Si je ne me sentais pas comme une sardine dans une conserve, j'aurais l'impression qu'ils sont là que pour nous... Rendons-nous à l'évidence, nous sommes 10'000 rien qu'ici. La concurrence est rude.
Nous passons le concert sur un nuage. Georg regarde dans notre direction mais Gustav garde les yeux plantés sur ta batterie. Virginie manque de lui crier : « Didons, t'as pas remarqué toutes les filles qui sont autour de toi ou bien ?!?!? ». Dans un dernier effort pour nous faire remarquer, Virginie porte Delphine sur ses épaules et là, le temps s'est arrêté. Alors que Bill, assis sur le devant de la scène, entame une chanson avec son frère, il semble la remarquer, notre petite brunette et lui adresse son plus beau sourire et en prime, un clin d'½il ! Delphine est soudain muette, impossible pour lui de parler ou de crier (je m'inquièterai presque de savoir si elle respire encore). Virginie la redescend et lui demande :
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Il m'a vue ?
- T'es sûre ? je l'interroge à mon tour.
- Oui, pas possible autrement, j'étais la seule à être sur des épaules. Mon dieu, il m'a vue... il m'a vue ! il m'a vue !!!
- Et Gustav qui lève toujours pas la tête de sa batterie...
- On verra ça après, profitons du concert pour l'instant, dis-je en essayant de ramener Delphine dans la réalité, en vain.

Après 1h40 de folie furieuse, le concert est fini. Jean-François ne veut plus que rentrer pour dormir. Je suis obligée de tenter de raisonner les filles pour ne pas attendre les gars à la fin du concert, même si j'en meurs d'envie aussi ; histoire de sauter sur Georg et partir loin les deux sur une île déserte où nous pourrions manger des noix de coco ensemble et... (ouh là là je m'égare. Reprenons). Donc je négocie une heure de plus avec J-F mais malgré ça, personne ne semble vouloir sortir de l'Aréna sinon toujours plus de fan.
Le voyage de retour est épuisant : entre l'euphorie du concert et la fatigue de la journée, tout le monde s'endort pendant que je ramène tout ce petit monde à la maison. A ce moment-là, personne ne pense à ce que nous avons oublié...

# Enviado el sábado 26 de julio de 2008 14:14

Modificado el viernes 01 de agosto de 2008 06:47

Chapitre 2 : le bus

Chapitre 2 : le bus
Le concert sitôt terminé, le groupe se dépêcha de sortir du bâtiment. Bill protesta :
- Pourquoi faut-il partir si vite ? J'aurais bien aimé signer quelques autographe...
- Ouais, ouais... T'aurais surtout voulu revoir ta petite brunette.
- Te fous pas de moi, Tom. J'aimerais juste pouvoir rencontrer nos fans suisses !
- N'importe quoi ! Allez, avoue-le, t'as flashé sur cette miss ! T'aurais voulu te la faire.
- Tu dis vraiment rien que des conneries, s'énerva Bill.
- Bill veut se la faire ! Bill veut se la faire ! Bill veut se la faire !
- Ta gueule, bordel ! »
Voyant la situation dégénérer entre les deux frères et sachant la route encore longue jusqu'en Belgique, Georg tenta d'intervenir :
- Elle avait pas des copines entre 18 et 22 ans ?!
Les deux frères éclatèrent finalement de rire :
- J'voudrais pas te décevoir, mon petite Georg, mais y'avait un peu moins de 10'000 fans devant nous. Alors voir si elle était accompagnée ou pas... impossible !
- Ouais mais j'ai pas pu voir grand chose du concert.. Sinon je me plante dans mes accords, se plaigna Georg.
- Ben c'est dommage pour toi parce qu'il y avait aussi une jolie blonde au 1er rang. Mais j'ai pas pu la voir longtemps. Elle s'est évanouie dès que je suis arrivé sur scène ! Aaaahhh mon charme irrésistible ! dit Tom.
Les trois rigolèrent un moment en se remémorant leurs aventures des concerts jusqu'à en arriver à parler du dernier membre du groupe :
- Et Gustave au fait ? Faudrait qu'il se trouve quelqu'un, lança Bill.
- Encore faudrait-il qu'il lâche des yeux son unique et grand amour, lui répondit Tom.
- Qui ça ?
- Ben sa batterie.
Fous rire général ! Redevant sérieux, Tom continua :
- Et si on lui cherchait quelqu'un ? Il est toujours dans son coin, ça pourrait pas lui faire de mal de sortir un peu !
- Mon dieu ! Et c'est une idée de mon frère...
- Tais-toi Bill ! ça pourrait le décoincer un peu, il est trop timide...
- Sauf avec sa batterie, coupa Georg
- Et c'est bien ça le problème, ajoutèrent en c½ur les jumeaux.
Comme à leur habitude, ils ne semblaient pas fatigués par l'heure tardive qui avançait au fil des kilomètres. Tous trois se lancèrent donc dans des plans improbables de « SOS Gustav », pour trouver la perle rare à leur ami. A l'opposé du bus, celui-ci écoutait sagement sa musique, histoire de décompresser après un concert survolté. Aucun des trois autres n'avait remarqué son air rêveur depuis la fin du concert. C'est sûr qu'il aimait sa batterie « Mais ça ne tient pas chaud dans un lit » pensa-t-il en souriant. Et puis, il n'avait pas oublié ce moment unique qui l'avait fait rire durant le concert « Quelle idée de porter sa copine durant un concert pareil ! Elle était rouge comme une tomate en dessous et l'autre dessus était à moitié hystérique à cause de Bill ! ». Revoyant le tableau, il riait intérieurement. Mais cette fille qui l'avait fait tellement rire pendant quelques secondes l'intriguait. Il s'imaginait déjà la rejoindre à la fin du concert pour lui faire partager son fou rire mais elle s'était directement dirigé vers un garçon avant de quitter la salle. « Déjà prise... s'était-il dit, pour une fois qu'un fan m'avait fait rire ! »
- Une fausse timide outrageusement sexy, hurla Tom !
- Mais là, c'est ton fantasme ! répondit Bill.
- Une fille sage de l'extérieur, qui se révèle être une vraie tigresse à l'intérieur. Imagine le portrait de la petite étudiante gentille avec une petite culotte en dentelle rouge... Grrrr. Et elle pourrait aussi...
- Stop ! Le coupa Georg. On veut vraiment pas savoir maintenant tes fantasmes de petites écolières. Non pour Gustave, il faut pas ce genre de filles-là. Elles risqueraient de lui faire peur.
- Je suis d'accord avec Georg. Pour Gustave, il lui faut une jolie petite brune énergique, déterminée et passionnée par ce qu'elle fait, avec un sourire craquant et des grands yeux...
- T'es pas mieux que moi, frangin !
- Quoi ?
- Là, c'est la brunette que voulait te faire au concert...
- Mais je voulais pas me la... Ouais bon merde ! De toute façon, c'est trop tard !
- Il lui faut quelqu'un de rêveur, dit finalement Georg.
Successivement, les trois garçons se mirent à énoncer les différentes qualités que devra posséder la potentielle future madame Schäffer :
- Douce !
- Gentille !
- Attentive !
- Indépendante !
- Rigolote !
- Passionnée !
- Un peu timide !
- Mais pas trop !
- SEXY !
- Tom !
- Quoi ?... Pardon.
- Alors on fait comment pour trouver cette perle rare maintenant ? intervint Georg.
- Par petites annonces ? « Jeune homme, beau, riche et célèbre (quoi que un peu trop petit), cherche petite amie (pas trop grande) pour se sortir de la solitude » proposa Bill.
- Par internet ?
- Avec un pseudo genre : « Gus-cherche-big-love » ? ironisa Georg.
- Ben pourquoi pas, s'énerva Tom ?
- Pour la simple et bonne raison qu'on risquerait de devoir répondre à des milliers et des milliers d'e-mail, Monsieur-je-sais-tout ! s'énerva Georg.
- A un concert !!!! lança Bill d'un air joyeux.
- Bravo, t'as trouvé ça tout seul, frangin ?! Et on fait comment pour la repérer la parfaite petite amie rêveuse, gentille, rigolote, passionnée, etc etc..
- Euh... les fans font bien des pancartes. Pourquoi pas nous aussi ?
Imaginant la scène, les trois partirent à nouveau dans un fou rire. Etre riche et célèbre, c'est bien sympa mais pour rencontrer une fille qui ne s'intéresse pas qu'à ces deux points, c'est une mission impossible. C'est à ce moment-là qu'ils réalisèrent que leur vie amoureuse allait être aussi plate que celle du Gustave pour un sacré moment. Seul Tom restait joyeux de pouvoir choisir la conquête du jour parmi une fosse remplie de jeunes filles venues rien que pour lui (enfin presque...). Se trouver une copine stable maintenant ? Pas pour lui. Il préférait pouvoir aller au gré de ses envies, sans se prendre la tête. Pour les relations durables, il avait son frère et les deux autres. Pourquoi chercher plus loin ?
C'est à ce moment-là que Gustav apparut dans le petit salon du bus :
- Alors on veut me chercher une fille ?
- Quoi ? T'as tout entendu ? s'inquiéta Bill.
- Ben avec les cris hystériques de Tom pour trouver une fille « outrageusement sexy », c'est pas difficile.
- Franchement, vous pouviez bien essayer de me trouver quelqu'un mais si vous commenciez par vous-même, hein ?
Après quelques minutes d'hésitation, ils réalisèrent vraiment dans quel genre d'aventure le groupe les avait fait s'embarquer : le succès, la gloire, la richesse... Mais pas le temps pour soi. Bill fut le premier à se plaindre :
- On trouvera jamais personne !
Suivit de Georg :
- On finira célibataire les 4 !
- Ben voyez le bon côté des choses : on vieillira ensemble, on fera des courses de chaises roulantes à 90 ans et on emmerdera les petites infirmières de notre home ! tenta de dire Tom pour remonter le moral de troupes.
- ON EST FOUTU !!! Crièrent les deux ensemble.
- Ah là là, faut toujours dramatiser. Au moins, maintenant, vous ne vous occupez plus de me trouver une copine parfaite, vu que vous en avez même pas une pour vous.
- AU SECOURS !
Après quelques minutes de lamentations sur leur sort malheureux (il faut bien l'avouer qu'être riche, célèbre et adulé dans le monde entier, c'est vraiment malheureux mais bon...), Bill réagit le premier :
- Je vais retrouver ma petite brune !
- Ah ouais ? Et comment ? se moqua Tom
- Aucune idée ! Mais faut qu'on retourne à Genève
- Eh oh ! On a pas même fini cette tournée, lui rappela Gustav. Avant d'en prévoir une autre, on pourrait peut-être se reposer un peu et faire quelques nouvelles chansons, non ?!
- Mais ça va prendre du temps !!! gémit Bill.
- De toute façon, moi j'ai vu personne à Genève qui m'intéressait, ajouta Georg.
C'est à ce moment précis que David arriva dans le bus qui s'était arrêté pour faire le plein dans une station essence ( Coop Pronto ??!! J).
- Alors bien reposé ?
- Non, on est foutu. David, on arrête tout, la musique, les concerts. Je dois retourner à Genève. Je suis sûre que j'ai rencontré la brune de ma vie. Il faut que je la retrouve. C'était un plaisir de te connaître. Au revoir, finit-il par dire avant de descendre du bus.
Légèrement paniqué, David se tourna vers Gustav :
- Il est sérieux là ?
- Non, t'inquiète. Il vient juste de réaliser que sa vie amoureuse et sexuelle allait être aussi inintéressante qu'un documentaire sur les mollusques.
- Il va revenir dès qu'il réalisera qu'il ne sait pas où il est.
- Ah, heureusement.
Remontant dans le bus, Bill s'énerva et avant d'aller se coucher, il ajouta :
- Finalement, j'attendrais qu'on soit à Bruxelles. Ça sera plus simple pour prendre l'avion pour Genève. Bonne nuit.
Soulagé, David regarda les trois autres qui avaient l'air autant épuisé physiquement et moralement que Bill.
- Allez les gars, on se secoue. Il vous reste plus que ce concert et après, vous êtes en vacances jusqu'au mois d'août. Il vous restera tout le temps pour pimenter votre vie sexuelle.
- Fais-moi confiance là-dessus !
- Tom, la ferme ! hurla Bill du fond de son lit.
- Il est vraiment pas de bonne aujourd'hui.
- C'est parce qu'il me cherchait une copine parfaite.
- Oh, je comprends. En fait, non je comprends rien. Mais bon, allez vous couchez un moment. On sera bientôt arrivé et il vous faut du repos !
Ah au fait, on a retrouvé un parapluie rouge à l'extérieur de l'aréna. C'est pas un des vôtres ?
Se levant d'un bond, Bill crut que sa chance avait tourné :
- C'est un signe ! C'est elle ! je dois la revoir !!! Elle m'a laissé son parapluie pour que je puisse la recontacter. Y'a sûrement son adresse dedans ou son numéro ! Donne-moi le parapluie, donne-moi le parapluie !
Inspectant le parapluie de fond en comble, il n'en trouva qu'une petite étiquette sur le côté :
- « Jean-François Houle, Prilly. » Merde, c'est à un mec.
- J'espère que c'est pas le copain que la blonde a rejoint, pensa Gustav.
- Ben renvoie-le à cet abruti qui l'a oublié. Il sera tout content. En plus, avec des croix suisses dessus, ça peut être qu'un touriste, grogna Bill avant de rejoindre son lit pour se plaindre sur le triste sort de sa vie.
- J'enverrai Saki le lui donner. Ça vous fera une bonne publicité : « Tokio Hotel renvoie les affaires perdus de ses fans »
- Ouais mais que ce soit à un mec, ça va ranimer les rumeurs d'homosexualité de Bill, ajouta Tom.
- La ferme ! La ferme ! La ferme ! cria l'intéressé du fond de son lit.
- Bon je vais voir ce qu'on va en faire. Maintenant, pensez à vous reposer. Il faudra tout donner au concert de demain.
- Bonne nuit, entonnèrent les trois autres en c½ur pendant que Bill maugréait tout seul « Vie de merde, vie de merde,... » loin de se douter à qui aller être transmis le parapluie.

# Enviado el viernes 01 de agosto de 2008 07:09

Chapitre 3 : le parapluie

Chapitre 3 : le parapluie
- Mon parapluie !!! hurla Jean-François au milieu de la nuit. J'ai oublié mon parapluie devant la salle de concert.
- Oh là là, tu vas pas en faire un drame, murmurais-je entre deux rêves. On t'en rachètera un demain... Dors maintenant.
- Mais...
- Tais-toi.
- Bon...
Le reste de la nuit se passa sans autres incidents. J'avais pensé que Virginie et Delphine auraient parlé du concert pendant la moitié de la nuit mais une fois rentrées, elles sont tombées les deux comme des masses sur leur lit. C'est vrai que c'est épuisant un concert de Tokio Hotel : crier, chanter, taper des pieds, applaudir et ne pas oublier de crier encore un peu mais tout ça en gardant une certaine classe au cas où l'un des membres vous regarderait... Non, si vous n'avez jamais été voir un de leur concert, vous ne pouvez vraiment pas comprendre.
Je me réjouissais de pouvoir profiter encore un peu pour faire la grasse matinée mais non... :
- Comment c'était ? Comment c'était ? Comment c'était ?
Voilà, ça c'est Muriel (sans 2 « l »), la dernière du groupe, qui vient de rentrer comme une furie dans notre appartement où l'on dormait tous bien sagement. Muriel, c'est la deuxième brune de notre groupe mais elle envoûte tout le monde avec ses grands yeux bleus. Un peu plus extravertie que Delphine et Virginie, elle se fait toujours remarquer par des phrases, jamais prononcées consciemment, qui ont un double sens louche (je vous passerai les détails. Faut être en direct pour comprendre dans quel état de fous-rire elle nous met parfois).
Je vois alors ma s½ur arriver, lentement, comme une sorte de zombie. Sait-elle seulement comme elle s'appelle encore ? Delphine suit péniblement derrière... Ouh là là, ça doit pas être mieux de son côté :
- Bien, lui répondent-elles en c½ur.
- C'est tout ? Juste bien ?
Elles baillent à s'en décrocher la mâchoire ; sûrement qu'elles ont rêvé toute la nuit de ce concert. Mon dieu ! Se faire 2 concerts de Tokio Hotel à la suite, faut vraiment être accroché ! Je leur lance un regard compatissant. Soyons honnêtes, je devrais être dans le même état qu'elles mais avec Jean-François à côté, qui a, pour par sa part, pas aimé le concert, je dois faire bonne figure.
- T'es déjà rentrée Muriel ? Lui demandais-je.
- Ouais, mon père a pété les plombs en Italie et on a dû tous rentrer. Du coup, j'ai sauté dans le premier train pour venir vous voir ! Alors ???
- C'était... Oh y'a pas de mots pour décrire ça tellement c'était bien !
- AAAAHHH je le savais ! Ils étaient comment ?
A ce moment-là, nos deux zombies se réveillèrent et l'on pouvait voir des étoiles dans leurs yeux :
- Beaux !
- Magnifiques !
- Extraordinaires !
- Talentueux !
- Intelligents !
- Quoi ?
- Euh... Ben j'ai cru voir une lueur d'intelligence dans leur regard... tenta de se justifier Delphine.
Le fou rire fut général du côté des filles. Jean-François, réveillé par tout ce bruit, riait jaune derrière notre dos.
- C'était qu'un espèce de boys band sur scène, chantant chanson après chanson avec une lassitude palpable !
Décidément celui-là... on avait bien compris que Tokio Hotel n'était pas son truc, mais quand même ! Jean-François est quelqu'un de très gentil mais quand il n'aime pas quelque chose, il ne se gène pas pour le montrer. Je sentais la tension monter du côté des trois autres, alors pour calmer le jeu, je tentais un :
- Et si on allait déjeuner calmement ?
- Ok !
Le reste de la matinée passa lentement, comme coincé dans une bulle du temps. On avait vu Tokio Hotel en vrai ! en live ! en direct ! en chair et en os ! Muriel était un peu jalouse mais vu toute notre bonne volonté pour lui ramener un autographe, sans succès, elle nous pardonna vite et se réjouissait déjà avec nous du prochain concert dans la région. Virginie avait fini par émerger de son rêve éveillé et piaillait à tout va dans le salon avec Muriel, où l'on s'était tous installé. Seule Delphine n'arrivait pas revenir dans le monde réel :
- Il m'a regardée ! T'imagine ? Il m'a regardée Muriel !
- T'en es sûr ? T'étais quand même pas toute seule dans la salle...
- Oui oui j'en suis sûre !!! Y'avait que moi à cette hauteur. Il m'a regardée... Au prochain concert, on se rencontrera et il se rendra compte que je suis la femme de sa vie, on se mariera dans un château et on aura plein de jumeaux Kaulitz junior qui...
- Eh oh ! Delphine, reviens parmi nous ! T'es pas encore Mme Kaulitz, dit Virginie pour la faire revenir dans la réalité.
- Oui mais peut-être un jour...
- En attendant, on fait quoi alors ? demanda Muriel.
- On attend, lui répondis-je.
- Bon...
- ...
- ...
- ...
- On doit attendre combien de temps encore ? interrogea Virginie coupant le silence planant dans la pièce.
- Je sais pas, mais c'est long, dit Delphine.
- Dites, vous croyez au Karma les filles ? leur demanda Jean-François
- Le quoi ?
- Ben en fait, d'une certaine manière, c'est notre cahier du bien et du mal. Si tu veux, chaque fois qu'on fait une bonne action, on sera récompensée. Par-contre, si tu fais quelque chose de mal, alors il t'arrivera que des merdes.
- Mon dieu, on voit que t'es prof, toi ! dis-je en me moquant légèrement de lui.
- Je disais ça pour occuper le temps. On fait rien aujourd'hui ?
- Non je pense pas Jean-François. On, enfin elles sont pas en état de faire quelque chose.
- Parce que toi, oui peut-être ? T'es dans le même état d'euphorie...
- Et ça te pose un problème ?
- T'es ridicule !
Pendant que le ton s'échauffait entre Jean-François et moi, les trois autres étaient restées bloquées sur le problème du karma :
- Alors si on est sage, on reçoit quelque chose ? se demandait Muriel
- C'est une sorte de père Noël hindou son truc, rétorqua Virginie. J'y crois pas.
- Ben moi je vais faire tous mes devoirs, je me plaindrais plus, j'aiderais mes parents à la maison, je rentrerai à l'heure qu'on me dit de rentrer, je serais sage.... Et je serais bientôt Mme Kaulitz !
- Delphine !!!
- Ben quoi ?
Voyant l'air excédé des deux autres filles, Delphine repartit dans ses songes : comment rencontrer Bill ? Pas facile d'approcher une star planétaire. Personne ne le disait mais chacune cherchait dans sa tête une manière d'approcher le groupe.
- Pourquoi est-ce qu'il lève jamais la tête de sa batterie cet abruti ! pensa Virginie en s'énervant. Je pourrais lui envoyer mon soutien-gorge sur la scène au prochain concert ?!
- J'aurais dû être là, j'aurais dû être là, j'aurais dû être là, se répétait inlassablement Muriel dans sa tête.
A l'autre bout de la pièce, les hurlements de Jean-François et moi-même avaient cessé. Les deux partis étaient trop fatigués et à court d'arguments pour continuer à débattre sur la maturité d'être fan d'un pareil groupe. Nous étions à nouveau tous silencieux attendant un miracle pour les uns et l'heure de prendre son avion pour l'unique garçon du groupe. C'est à ce moment-là que l'on sonna à la porte. Se levant d'un bond, Jean-François nous dit :
- J'y vais.
Il ne remarqua pas qu'aucune d'entre nous n'avait entendu la sonnerie, trop occupées à nos pensées.
- Bonjour, c'est pour quoi ?
- Bonjour, nous avons retrouvé ce parapluie devant l'Aréna. Il me semble qu'il vous appartient.
- Merci, mais vous êtes qui ?
- Oh, pardon. Moi c'est...
En entendant le mot « Aréna », nous retrouvâmes les trois nos esprits et nous foncèrent vers la porte d'entrée. Avec un peu de chance, c'était peut-être... non soyons rationnelles, ça n'est pas possible. Entre les 3 mètres qui séparaient le salon de la porte d'entrée, nous avions eu le temps de nous faire 10'000 idées à la seconde :
- ça y est ! il est revenu me chercher ! On va s'en aller sur son cheval blanc... euh... disons son bus noir et nous serons heureux à jamais..., pensa Delphine
- Merde, le manager revient. 34 ans, c'est quand même trop vieux. Ok, on s'est peut-être souri mais bon... réfléchis-je.
- Ils ne m'ont pas oubliée. Ils se sont inquiété de pas me voir à ce concert alors que j'étais à Zurich. Ils viennent voir si tout va bien, s'imagina Muriel
Seule Virginie ne pensa rien, trop stressée par les évènements qui arrivaient. Elle en était incapable. Et puis, elle savait que Gustav ne pouvait pas être derrière cette porte. Elle connaissait trop bien sa voix et celle-ci n'avait rien à voir avec la sienne. Mais elle lui faisait penser à :
- David Jost, manager et producteur du groupe Tokio Hotel. Bonjour mesdemoiselles ! Salut, ajouta-t-il en me regardant avec un grand sourire.
- Merde me dis-je intérieurement. Mais je lui rendis tout de même son sourire. Après tout, c'était sûrement notre dernier espoir qui se trouvait derrière cette porte. Alors je pouvais bien faire un effort... pour Georg !
- C'est un honneur de vous rencontrer ! dit Muriel à mi-chemin entre l'euphorie de voir quelqu'un qui connaît si bien Tom et la déception que ce ne soit pas lui derrière la porte.
- Vous voulez du café ? Ajouta Delphine sans savoir réellement quel son sortait de sa bouche. C'est moi qui ai dit ça ? pensa-t-elle. Je suis vraiment en train de proposer un café au manager de Tokio Hotel ? Bordel, j'aurais pas pu dire quelque chose de plus intelligent. Le concert était génial ! dit-elle encore pour tenter de rattraper le coup. Putain, encore pire qu'avant ! re pensa-t-elle.
- Ravi que ça vous ait plu. Les garçons a aussi eu beaucoup de plaisir à jouer devant son public suisse. Et merci pour le café, mais je dois repartir pour Genève prendre l'avion. Je dois être en Belgique pour le prochain concert.
- Merci pour mon parapluie. Mais comment vous êtes venus jusqu'ici ?
- En train. Je sais, je devrais avoir ma voiture avec mon chauffeur mais certaines fois, j'aime bien pouvoir faire comme tout le monde et on me reconnaît pas souvent. Je ne suis que le manager, dit-il en continuant de me sourire.
- Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? me demandais-je toujours.
- Ben ça tombe bien. Géraldine allait me ramener aussi à l'aéroport. Je dois prendre l'avion aujourd'hui pour Montréal. Mes vacances sont terminées sur ce... magnifique concert ! On peut vous prendre avec si vous voulez.
C'est à ce moment-là que j'aurais pu tuer Jean-François. Mon ex et l'homme qui me drague dans la même voiture. Horreur ! Et si je lui plantais un coup de couteau dans le dos maintenant ? Quelqu'un le verrait vraiment ? Je fus tiré de mon rêve par les autres filles qui dévoraient littéralement des yeux le pauvre manager planté devant notre porte. Chacune cherchait sur lui quelque chose de leur idole : un petit mot, un habit ou encore un cheveu.
- Bien, ça serait avec plaisir, dis-je en serrant les dents. On part d'ici 30 minutes.
Le temps de faire rentrer le manager, toutes le suivaient dans ces moindres gestes et buvaient ses paroles (qui n'étaient pas très intéressantes soi dit en passant. Il était scotché à son téléphone et donnait des instructions pour le concert). Une fois son café fini, Jean-François dit au revoir à tout le monde, nous remercia pour notre hospitalité et pour le concert (l'hypocrite) et je partis avec lui et David, en voiture jusqu'à Genève.
De l'autre côté de la porte, j'entendis d'abord trois hurlements stridents puis finalement trois cris de haine pour savoir laquelle allait pouvoir garder la tasse dans laquelle David venait de boire.
Le trajet jusqu'à Genève promettait d'être long. Pendant une heure, j'ai eu droit à un Jean-François triste et heureux de rentrer et à un manager qui ne cessait de me fixer en me souriant. Honnêtement, ça fait peur. Il n'était pas très bavard et avait son téléphone qui sonnait toutes les 5 minutes.
- Peut-être Georg avait-il un problème avec sa basse, songeais-je en manquant d'emboutir une voiture devant moi. Au fait, depuis quand votre groupe rend les affaires perdues des fans ?
- Oh, c'est une erreur en fait. Il ne restait que ce parapluie vers l'Aréna et nous avons pensé qu'il appartenait peut-être à l'un des garçons. En voyant notre erreur, on s'est dit qu'on pouvait vous le ramener quand même.
- Ça vous fait une bonne publicité, ajouta Jean-François.
- Effectivement... et ça permet de rencontrer des fans, répondit David en me souriant. Ça n'est pas vous que j'ai aperçu à travers les vitres l'après-midi ?
- Peut-être, vous savez, on était quelques centaines là-devant.
- Allongée avec un k-way noir sur une couverture rouge ?
- Ok c'était moi.
- Il me semblait bien.
- Et vous, vous avez pas une fille ?
- Oui, mais je suis séparée de la mère
- Et merde, me dis-je intérieurement.
Genève arriva enfin et je pus déposé « mes » deux hommes devant leur porte d'embarquement. Jean-François fut le premier à partir. On se serra dans les bras. Même si son séjour avait été un peu houleux au niveau de l'ambiance, on s'adorait les deux et on restait de bons amis. On se réjouissait déjà de notre prochaine rencontre. David partit ensuite. Devant la douane, il partit rapidement en me saluant gentillement. Dans un dernier élan, je me dis que je ne pouvais pas laisser cette dernière chance de les rencontrer ; pour les filles et pour moi !!!
- David, je...
- Oui ???
- Je voulais te souhaiter bon voyage.
- Merci, dit-il me déposant une bise sur la joue. A bientôt j'espère.
Etourdie par cette rencontre insolite, je rentrais rapidement vers la voiture. C'est en cherchant les clés dans ma poche que je me rendis compte qu'il avait glissé un bout de papier dans ma poche.
- Il a dû le mettre là pendant qu'il m'a fait la bise, pensais-je
Sur ce billet, tous nos espoirs allaient renaître puisqu'il avait noté : ...

# Enviado el lunes 04 de agosto de 2008 16:04

Chapitre 4 : A la conquête de la Belgique

Chapitre 4 : A la conquête de la Belgique
Après quelques heures de voyage, David arriva finalement à la salle où était prévu le dernier concert européen des Tokio Hotel.
- Alors les gars ? Prêt pour ce dernier concert ? Le parapluie est bien arrivé à son destinataire...
- Pfff, on s'en fout. Encore un père de famille avec des gosses de 10 ans, maugréait Bill.
- En fait...
- Bon on va faire les balances maintenant ? proposa Georg.
La salle était dans le même genre que celle de l'Aréna, avec une plus grande capacité. Pas moins de 15'000 personnes étaient attendues ce soir-là. Pourtant le groupe n'était pas le moins du monde motivé par la perspective d'un autre concert. Le moral était au plus bas, chacun perdu dans ses pensées. Gustav entama un solo de batterie mais le c½ur n'y était pas. Après quelques instants de répétition, Bill décida que ça suffisait.
- Le son est bon. De toute façon, elles hurlent tout le concert. Alors elles se rendront même pas compte si on nous entend pas.
- C'est ok pour nous, affirmèrent les techniciens du son qui suivaient le groupe pendant sa tournée.
- On se fait un baby-foot ? proposa Tom.
- Ok !
Ils s'installèrent dans leur loge où les attendait deux baby-foot flambant neufs.
- C'est quand même pratique d'être une star, songea Georg en admiration devant les deux magnifiques jeux. On peut exiger ce que l'on veut des endroits où l'on se rend.
Voyons son ami songeur, Gustav lui dit :
- Ouais c'est chouette mais y'a beaucoup de côtés que j'aimerais pouvoir éviter quand même, quitte à sacrifier certaines de nos exigences.
Georg le dévisagea incrédule. Depuis quand il lisait dans les pensées celui-là ? Décidément, Gustav restait un mystère pour le reste du groupe. Rejoints par Tom et Bill, ils entamèrent une partie pour oublier leurs soucis. Elle prit vite une tournure endiablée :
- Si je marque le prochain, je me fais une fille ce soir !!! Cria Tom. ..... Et MERDE !
- De toute façon, tu t'en es fait suffisamment pour l'année, se moqua Georg
- Moi je retrouve la blonde qui m'a fait rire à Genève dans la semaine ! hurla Gustav, étonnamment excité pour son caractère timide... Et GOAL !!! YES !!!
- Je veux ma ptite brune ! Je veux ma ptite brune ! Je veux ma ptite brune ! Mais fais quelque chose Tom ! Ils sont en train de nous écraser !
- J'y peux rien. C'est Gustav qui est sur-motivé aujourd'hui !!!
- Mais fais gaffe avec tes défenseurs !
- Et toi, t'as qu'à attaquer un peu plus ! Espèce de mou du poignet !!!
- On va marquer, on va marquer, ça y est ! Je le sens bien, criait Bill.
- Eh non, loupé ! dit Georg.
- Ouais !!! On a gagné ! On a gagné ! On a gagné ! Chantaient Georg et Gustav.
- Pfff... Vous avez triché de toute façon, pestiféra Tom.
- Je reverrais jamais ma brune ! ! ! pleura Bill.
C'est dans ce moment de pure folie entre les cris de joie des uns et les larmes des autres que David entra dans la loge :
- ça va mieux Bill ?
- Non ! Bouhouhou...
- Bon bref... j'voulais juste vous rappeler que vous avez encore 2 interviews et un shooting photo avant le concert. Vous avez rendez-vous dans 2h pour le premier. Faites un dernier effort. Vous avez bientôt 3 semaines off.
- Ok, on essayera d'assurer, affirma Tom. Au fait, il était au moins content celui à qui t'as ramené le parapluie ?
- Ouais il avait l'air en tout cas. Mais c'est pas sa réaction qui était la plus drôle, mais celle des 4 filles qui étaient avec lui.
- Filles ? Filles ? Filles ?
- Oh là, du calme, Tom. Elles étaient aussi au concert. Deux petites brunes et deux grandes blondes.
A ce moment-là, tout le groupe, qui jusque là n'en avait rien à foutre de la conversation entre Tom et David se pressa autour du manager. Bill retrouva son caractère surexcité.
- Qu'est-ce qu'il peut être lunatique celui-là, pensa David.
- Comment ça des brunes ? Petites ? Jolies ? Cheveux longs ? t-shirt rose ? des jolis yeux noisettes ? Oh oui, des très jolis yeux noisettes...
Maintenant, Bill était presque assis sur ce pauvre David qui s'était retrouvé étalé au sol par l'excitation du groupe. Il le secouait comme un vieux pommier par le col de sa veste :
- Mais parle bordel !!! Elles étaient comment ? Et pourquoi tu n'en as pas parlé avant ? Parle ! Parle ! Parle !
Voyant que Bill était en train de péter les plombs et la veste de son manager par la même occasion, les trois autres le saisirent par les bras pour l'asseoir sur une chaise et le ramener à la raison.
- T'es plus calme maintenant ? Bon alors écoute... Je vais te dire ce que j'ai vu. Elles étaient 4 : une brune, comme je te l'ai dit, avec des yeux noisettes, oui mais un t-shirt rose, ça je sais pas. Elles étaient encore un pyjama. La 2ème brune était un peu plus grande, cheveux longs aussi, avec des grands yeux bleus...
- Mmmm, ça me plait, pensa Tom.
- Y'avait une grande blonde, qui devait être plus âgée puisqu'elle a le permis. Les cheveux mi-longs, plus clairs que ceux de celle qui devait être sa s½ur ; blonde aussi un peu plus foncée, cheveux courts et des yeux bruns...
- C'EST ELLE ! Hurla Gustav, sans se rendre compte qu'il n'était pas seul dans la pièce.
- Quoi ?
- Euh non... rien rien... J'viens de recevoir un texto de ma s½ur... hem...
- Ouais... bon bref, voilà, c'est tout ce que je sais. Ah non, j'ai aussi pris un café chez elles et je connais leur prénom : Delphine, Muriel, Géraldine et Virginie.
- Comme c'est joli !!! Hurla à nouveau Gustav
- Quoi encore ?
- Euh... Ma s½ur m'a envoyé un MMS... C'est joli ! Ouh là là, le joli paysage !...
- Ok mais du calme Gustav quand même. T'es pas seul-là.
- Désolé.
Après un long silence à réfléchir, où Georg avait réalisé qu'il ne reconnaissait personne et où Tom s'imaginant déjà draguer les 4 filles les unes après les autres, Bill dit d'un coup :
- J'en suis sûr, je l'ai retrouvée ! Enfin ! C'est elle : la femme de ma vie qui me fera plein de jumeaux Kaulitz junior.
- Mais où va-t-il chercher tout ça ? s'interrogèrent les autres.
Bondissant sur ces pieds, il se dirigea vers le ventilateur et se mit à chanter, voir même plutôt hurler sur la musique de Titanic :
- Every night in my dreams, I see you, I feel you, That is how I know you go on. Far acrosse the distance and spaces between us you have come to show you go on !!!
Pendant que Bill mimait Jack et Rose à l'avant du bateau, les 4 restant se bouchaient les oreilles :
- Vous croyez qu'il a vraiment péter les plombs cette fois ?
- T'es prêt à chanter à sa place ce soir ? Vous êtes frère, devrait pas y avoir de problème.
- T'es fou ou bien ?! Je connais même pas les paroles...
- Si les gens apprennent ça, ça va vous faire une très mauvaise publicité, dit David.
- Faut le faire revenir sur terre !!! supplia Gustav. C'est monstrueux quand il imite Céline Dion !!!
- Neeeeeaaaaar faaaaaaar, whereeeeeever you are. I Beliiiiieve that the heart does go ooooooooonnnnnn. Once mooooooore, you oooooooopen the door and you're here in my heart and my heart will go ooooooonnnn !
Tentant d'hurler par-dessus les cris de son frère, Tom intervena :
- Et on fait comment pour les retrouver maintenant ? elles sont en Suisse et nous en Belgique !!!
- ...
- ça fait du bien quand tu t'arrêtes ! soupira Georg.
- C'est la fin...
- Oh non, il repart dans l'autre sens maintenant ! remarqua Tom.
- C'est la fin... Le destin nous a séparé.
- Mais on a pas des tranquilisants par ici ? proposa Gustav.
- C'est la fin... Le destin nous a séparé. Nous sommes les Roméo et Juliette du XXIe siècle. Je vais me donner la mort pour qu'elle sache que mon c½ur lui appartiendra toujours !
- Qu'est-ce qu'il peut dramatiser tout ce qu'il lui arrivait celui-là ! remarqua Tom.
- Heureusement que vous êtes pas pareil pour tout, lui dit Gustav.
- Ouais parce que deux comme vous, on pourrait pas supporter !
- Merde !
- Quoi ?
- Il est où mon frère maintenant ?
- Attendez... J'entends des cris... peut-être qu'il chante ? ça vient du toit il me semble.
- QUOI ??? Firent Tom et Georg ?
- Oui, il est sur le toit !!!
- Vite, il faut aller le chercher avant qu'il se prenne trop pour Roméo !!! ordonna Gustav.
Les trois courèrent sur le toit, suivi de David qui n'avait pas eu le temps de finir son histoire. Il fallait raisonner Bill le plus rapidement possible. En arrivant en haut, ils virent un tableau pathétique. Armé d'une cueillière, Bill tentait de s'ouvrir les veines en hurlant « My heart will go ooooooooonnnnn !!!!! ». Voyant dans quelle situation il se mettait, les membres du groupe partirent dans un fou rire.
- T'as besoin de vacances, Bill !
- Je crois aussi... =)
- On peut redescendre maintenant ?
- C'est quand même dommage... je la reverrais peut-être jamais...
- Si tu me laisses terminer mon histoire, t'as peut-être encore une chance, suggéra David
- QUOI ?
- Gustav !
- Désolé. C'est... l'excitation du moment. Vas-y explique.
- Ben disons que j'ai laissé quelque chose à Géraldine, la grande s½ur.
- Comment ça ?
- Ouh là là, mais on dirait que quelqu'un a flashé sur une fille, se moqua Tom.
- Laisse-le finir, Tom ! lui ordonna Bill.
- Merde, ça fait plus que 3 filles pour 4 mecs. Ça va être la guerre !!! songea Georg. Il va falloir faire preuve de psychologie. Ça épate toujours les filles la psycho et je m'y connais. Pauvre Gustav, il va de nouveau se retrouver tout seul !!! rigola-t-il intérieurement.
- Bon, comme je vous disais, Géraldine m'a raccompagné à l'aéroport parce qu'un de ses amis devait prendre l'avion.
- Ami comme ami ou ami comme cochon ? Insista Tom.
- « Soupir »
- Bon ok ok j'arrête. Alors ?
- Ami-ami. Bref... Avant de partir prendre mon avion aussi, je lui ai laissé un billet pour qu'elle puisse...


- Venir au concert ??? Hurla Muriel à tue-tête.
- Comment ça venir au concert ??? Je comprends pas, interrogeait Virginie.
- Ben j'ai pas compris non plus. Ça doit forcément être David qui m'a laissé ça. C'est noté : « Si tu veux me revoir... va au comptoir Swiss ». J'y suis allée et là, un gars avait l'air de savoir de quoi il s'agissait. Il m'a remis une enveloppe avec 4 entrées au concert, backstage compris. Donc on est toutes invitées.
- Mais pour le trajet ? S'inquiète comme d'habitude Virginie. Faut qu'on prenne l'avion ! ou le train ? Le bateau ? Merde je suis pas sûr d'où se trouve la Belgique.
- Ah là là, toi et la géographie... se moqua Muriel.
- Ben en fait, les billets d'avion sont déjà payés aussi et réservés à nos noms... Donc si on décide d'y aller...
Après un court silence, Delphine décréta :
- Faut qu'on y aille !!!
- Pas fou, non ?! J'veux pas qu'il se fasse des idées en plus !!!
- Mais c'est notre seule chance de les rencontrer !!! Et pis il m'a regardée !!!
- Mon dieu ! On va en entendre parler longtemps de ce concert et surtout de ce regard.
- Ben moi, j'veux y aller parce que cet abruti de Gustav n'a pas été capable de lever les yeux de tout le concert. Je veux lui montrer qu'est-ce qu'il a loupé ! Voilà !
- Et moi j'étais même pas là... Allez, steuplait Géraldine ! On y va !
- Steuplait ! Steuplait ! Steuplait ! entonnèrent les trois en c½ur.
- Bon... ok ! Mais vous éloignerez le manager de moi !
- YES !!!
Il était déjà 15h. L'avion partait à 17h, ce qui nous laissait une très courte marge de temps pour pouvoir prendre des habits et se refaire une beauté. L'hystérie qui régnait dans l'appartement était encore pire que entourée de 10'000 filles. Tout le monde courait dans tous les sens :
- Je sais pas quoi me mettre !!! pleurait Muriel en cherchant sa brosse à cheveux.
- Je suis mal coiffée, j'peux prendre une douche ? se plaignait Virginie en courant entre ma chambre et la salle de bain.
- Je suis pas maquillée. Comment je me maquille ? criait Delphine en tentant de rassembler un maximum d'affaires dans un tout petit sac à dos (ce qui était peine perdue... mais on n'osait pas lui dire).
- Faut prendre à manger ?
- Faut peut-être réservé un hôtel ?
- Comment on va rentrer ?
- Je trouve pas mon jeans noir !
- Qui a pris mon pull rose ?
- Géraldine, t'as un collier bleu ?
Bref, après environ 25 minutes de préparations, nous étions toutes prêtes à partir devant la porte. Evidemment, ça n'avait pas été sans mal. Virginie et Delphine s'étaient disputées pour un pull qu'elles jugeaient les deux être le sien. Le pull a fini dans la poubelle déchiré en deux. Muriel s'est coincée deux doigts dans un placard en voulant chercher une brosse à cheveux, ce qui fait que maintenant ils sont tout bleus et gonflés. On ne sait toujours pas si elle pleure parce qu'elle a mal ou parce que Tom va voir ses doigts dans cet état-là. Finalement, moi, je me suis presque cassée un orteil en shootant dans un carton, que je croyais vide mais qui ne l'était, de toute évidence, pas et je dois me tenir à Virginie pour descendre les escaliers. Mais nous étions prêtes à partir, à revoir le concert et surtout, à espérer pouvoir approcher du groupe cette fois-ci ! La voiture nous fit une petite frayeur parce qu'elle ne semblait pas avoir envie de refaire le trajet Lausanne-Genève une fois de plus. Mais elle partit finalement. Nous étions finalement bien arrivées à l'aéroport et avons pu montés dans l'avion à temps, même si les contrôleurs nous ont regardé bizarrement. Imaginez, on part 24h, peut-être plus ou moins mais on avait toutes pas moins de 15 kg de bagages. Ben on sait jamais : il peut faire beau, et si on va à la piscine avec les garçons ? Si tout d'un coup il pleut, il faut bien prévoir une petite veste plutôt que nos mignons petits shorts et leggins. Il faut aussi peut-être une tenue au cas où une fan aurait la même que nous et prévoir tous les accessoires qui vont avec chaque tenue... Mais aller expliquer ça à un douanier ! Les hommes ne comprennent rien...
C'est une fois assises dans l'avion que nous réalisions ce que nous sommes en train de faire :
- On va vraiment retourner voir un concert ? se demandait Virginie
- Mais si on a pas les bons passes pour les backstages ? s'inquiétait Delphine
- Et si ils nous trouvent hideuses et stupides ?
On se regarda toutes les 4 et en c½ur :
- Impossible ! on est trop parfaites ! cria-t-on dans l'avion entre deux fous-rires.
Mais maintenant que l'hystérie était passée, il ne restait plus que l'angoisse et une seule question : Et si le groupe ne voulait pas nous rencontrer ?




# Enviado el martes 05 de agosto de 2008 11:37

Chapitre 5 : Le concert (2e essai)

Chapitre 5 : Le concert (2e essai)
Une fois arrivées à Bruxelles, il ne nous restait plus qu'à trouver la salle de concert. Il était déjà 18h30. Le concert commençait à 20h. On s'imaginait déjà trouvant une limousine à notre nom devant l'aéroport mais malheureusement, nous n'étions pas encore des stars.
- T'aurais pu faire une effort avec le manager ! me reprocha Virginie. On l'aurait peut-être eu cette limousine.
- Ouais bon, ça va. On se débrouillera très bien toutes seules ! ça doit pas être bien compliqué... euh...
- Ok, je prends les choses en main, décida Muriel. Virginie et Delphine, essayez d'aller chercher une carte de la région ou renseignez-vous pour atteindre le plus facilement la salle de concert. Quant à moi, je vais avec Géraldine. On va essayer de se renseigner pour les transports publiques ! On se revoit dans ½ heure !
- Ok ! A toute alors.
Nous nous séparâmes donc en deux groupes, en suivant les instructions de Muriel. Heureusement qu'elle savait prendre les choses en main parce que connaissant ma s½ur, elle se serait assise dans un coin en pleurant presque et se disant que tout était foutu ; et moi, j'aurais foncé dans le tas et on se serait retrouvé à l'autre bout de la Belgique sans savoir comment ni pourquoi. Enfin...
Virginie et Delphine s'occupèrent donc de faire le tour des kiosques et autres petits magasins que l'on pouvait trouver dans un aéroport. Elles avaient décidé de se séparer aussi pour que leurs recherches aillent plus vite. Virginie revint triomphante avec un sac plastique :
- ça y est ! Je l'ai ! Allons voir ce que font les deux autres.
Du côté de Muriel et moi-même, on essayait de négocier avec un jeune loueur de voiture parce que après avoir compris qu'il fallait prendre 2 bus plus le métro pour rejoindre la salle, Muriel avait décidé qu'il était plus sage de louer une voiture.
- Navré mais pour pouvoir louer une voiture, il vous faut au moins 5 ans d'expérience de conduite et un minimum de 25 ans.
- Mais elle a presque 23 ans et conduit depuis 4 ans !
- Désolé, je ne peux donc rien faire pour vous.
- Faites un effort s'il vous plait ! Elle n'a jamais eu aucun accident !
- Notre avenir en dépend, m'écriais-je.
- Merci Géraldine, me répondit froidement Muriel.
- Ben quoi ?
- Non vraiment, si mon patron apprend que je vous ai loué une voiture, je vais me faire renvoyer.
- Je crois que vous n'avez pas bien compris notre problème, commença à dire langoureusement Muriel jouant des paupières.
Les deux autres filles arrivèrent au moment où Muriel semblait prête à monter sur le comptoir pour faire flancher le malheureux employé.
- Allons, voyons. Nous ne sommes pas méchantes, ajouta-t-elle sur le même ton doucereux. Nous voulons juste une voiture pour pouvoir aller à un concert où nous sommes invitées...
- C'est que...
- S'il vous plait, ajouta-t-elle en approchant lentement son visage de celui du jeune homme. Juste pour moi !
- Euh...
Devant les grands yeux bleus de Muriel, l'employé ne peut rien ajouter et nous tendit les premières clés qui lui passa sous la main :
- aaahhh oh euh... d'accorda mais vous devez la ramener pour demain matin au plus tard. Mon patron est en déplacement jusqu'à demain. Il n'en saura rien.
Déposant un léger baiser sur la joue, Muriel le remercia et tourna les talons en me tirant par la main, histoire d'être sûre qu'il ne change pas d'avis dans les 5 minutes.
Sur le parking, on trouva facilement la voiture prêtée et nous montèrent les 4 à l'intérieur, moi au volant. Nous avions déjà perdu 20 minutes entre la recherche de la carte et la voiture, il ne fallait pas en perdre plus.
- Alors Virginie ? C'est quoi le chemin pour la salle ? lui demandais-je impatiente au volant.
- Euh ben en fait...
- Mais quelle nulle !!! s'exclama Delphine
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Elle a acheté une carte de la Bretagne.
- Quoi ???
- Non ! ah... oui peut-être... mais sous le coup du stresse, je sais pas, j'ai mal vu... Et pis Bretagne, Bruxelles, ça se ressemble, non ?!
- Mais on arrivera jamais au concert à cause de toi, commençait à s'énerver Delphine. Je le rencontrerai jamais par ta faute !!!
- Oh du calme, tout le monde peut se tromper, non ?! Merde aussi !!!
- T'as fait une connerie, reconnais-le !
- Non, si un jour on va en Bretagne, on aura déjà la carte. Pouvez me dire merci !
- Mais maintenant on est à Bruxelles, bécasse ! Et il est 19h, je peux pas rouler au hasard !!!
- STOP ! Voilà à nouveau Muriel qui jouait de son autorité sur nous. Arrêtez de vous engueuler, on perd seulement du temps.
- T'as une autre solution ? s'énervait Delphine.
- Ouais, le GPS.
Qu'est-ce que c'est pas con, ça. Personne dans la voiture n'avait remarqué la petite boite accrochée au pare-brise. Et 10 minutes de plus de perdues... Il était déjà 19h passé. Plus que une heure avant le début du concert. Trouver la salle sur le GPS fut facile mais après, dans la ville, c'était autre chose.
- Tournez à droite, me dit une voix électronique.
- Sens interdit ! Je peux pas
- Tournez à droite.
- Je peux pas, bordel !
- Vous avez raté la route. Faites demi-tour ! Faites demi-tour !
- Mais ta gueule ! ta gueule ! ta gueule !
Dans la voiture, la tension montait. Le GPS, c'était une bonne idée mais cet abruti ne savait pas où étaient les sens interdits, les rues piétonnes et tout le reste. 3 fois nous sommes passés devant la même place, 5 fois nous avons vu la même statue jusqu'à qu'un coursier à vélo nous voient les 4 complètement paniquées (moi hystérique, prête à tuer un pauvre GPS innocent) dans la voiture. Arrêté à un feu rouge, il nous cria à travers la fenêtre :
- Vous êtes perdues ? Je peux vous aider peut-être.
- On cherche l'Aréna de Bruxelles.
Le feu passa au vert malheureusement à ce moment-là. Klaxonnée de toute part, je dus me résoudre à avancer. Le cycliste nous rattrapa tant bien que mal :
- Tournez à gauche dans 300 mètres et continuez tout droit sur un kilomètre. Il devrait être droit devant vous !
- Merci ! avons-nous essayé de lui crier mais il avait déjà tourné à droite.
- Ils sont chouettes les gens, ici, se détenda Delphine.
- Et en plus, il était mignon ! ajouta Virginie
- Suis-le !!! me crièrent-elles en c½ur avant de partir dans un fou rire détendant définitivement l'ambiance.
- Perso, je préfère les dreads...
- Ça, on le sait Muriel ! On va arriver à les rencontrer aujourd'hui.
Et effectivement, après quelques minutes de plus en voiture, nous arrivions finalement à la salle de concert.
- C'est bizarre, y'a plus personne... souffla Delphine.
- Merde, c'est déjà 20h20, cria Virginie. On a loupé le début du concert.
Laissant la voiture posée au bord de la route, nous courûmes vers l'entrée pour tenter d'entrée. Mais une fois devant la porte, un énorme securitas d'un moins 3 mètres sur deux ( si, si, si, j'vous jure !) nous barra le passage :
- Concert commencé, vous pas entré.
- Ouh là là... On a affaire à une race très rare de l'évolution : l'homme-singe.
Voyant que son charme avait déjà fait l'affaire une fois, Muriel recommença son petit cirque :
- Allons, ne nous énervons pas. Nous avons eu un peu de retard mais nous avons les billets. Pouvons-nous entrer s'il vous plait ?
- Concert commencé, pas d'entrée.
- Putain, merde, il rigole pas ! Et j'ai pas d'effets sur lui ?!?!?
Cette fois, c'était Muriel qui perdait son sang-froid :
- il est humain, c'est pas possible. Didons, espèce de grand chimpanzé, tu vas nous laisser rentrer ou quoi ?!
Resté sans réaction, Delphine tenta une nouvelle approche, plus diplomatique en s'approchant de lui :
- Ecoutez mon brave, ...
- Mon brave ? l'interrogea Virginie
- Ça marche. En psycho, on dit qu'il faut savoir valoriser les gens pour qu'ils acceptent de faire quelque chose qu'il ne pouvait pas. C'est prouvé par les études de...
- Oui bon, fais ce que t'as à faire ! ajouta Virginie. Mais où est-ce qu'elle va chercher tout ça, quand même !?! pensa Virginie.
- Donc, mon brave, nous avons ici des passes nous permettant d'entrer dans les backstages, pourriez-vous nous indiquer la porte d'entrée s'il vous plait ? Vous seriez fort aimable.
- Concert commencé, pas d'entrée.
- Bien joué Delphine. La psycho, ça marche que sur les humains, criait Muriel.
- Ouais, bon ben j'ai fait ce que je peux.
Après avoir essuyé plusieurs refus d'entrée et ce malgré, les tentatives de diversions de Virginie (« Oh ! Regardez, y'a E.T ! ») et mes idées de défoncer la porte en fonçant dedans avec la voiture (Bizarrement, personne n'était pour cette idée...), on s'inclina et repartit dans l'autre sens.
- On fait quoi maintenant ? Commença à geindre Virginie.
- Chuuut, souffla Delphine.
- Qu'est-ce que quoi ? qui ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Si vous collez votre oreille au mur, on les entend jouer...
Pas vraiment convaincue, nous nous approchâmes les trois du mur où était Delphine.
- On entend que les groupies hurlaient s'énerva Virginie.
- Chuuut ! Ecoute mieux, lui souffla Delphine.
Concentrées sur notre tâche et sans doute ridicules dans cette position, nous arrivions peu à peu à discerner les bruits des fans de la musique du groupe. Un murmure de soupir nous plongea toutes les quatre dans une douce rêverie :
- J'imagine Tom, avec sa guitare... Il a peut-être mis sa casquette noire avec les étoiles dorées sur le dessus...
- Et là, il y a Bill qui chante. Sa voix a l'air un peu fatiguée...
- Mais Georg doit chanter avec lui pour le soutenir... Vraiment, qu'est-ce qu'il est gentil...
- Et Gustav, qui doit être en sueur, je pourrais lui amener une serviette pour l'essuyer un peu et après il me remercierait en...
- Virginie !
- Ben quoi ? Faudra bien qu'il me remercie quand même...
Nous restâmes là quelques instants jusqu'à entendre de l'intérieur de la salle :
- Merci beaucoup !
- Quoi ??? C'est fini ? Mon dieu, ça a passé tellement vite... On a loupé tout le concert alors ?!?!
Et effectivement, voilà bientôt une heure que nous avions l'oreille collée à ce mur, tentant de percevoir ce que faisait nos artistes préférés et ces remerciements, c'était toujours mauvais signe.
- Ils vont revenir jouer « Ich bin da » et ça sera fini, souffla Muriel.
- Alors c'est fini, ajouta Virginie.
- Tout est fini, se plaint Delphine.
Si seulement David m'avait laissé un numéro de téléphone pour le joindre... Dans un dernier élan, nous nous dirigeâmes vers l'endroit où le groupe aurait dû sortir.

- Chouette concert ! Vous avez bien mérité vos trois semaines de repos !
- Merci David.
- Ben quoi ? Vous avez pas l'air heureux ?!
- Et pourquoi toi t'as l'air si heureux ? lui asséna Tom.
- ELLE doit venir.
- Oh... elle vient seule ou pas ? demanda Tom en retrouvant son assurance.
- Euh, je ne sais pas.
- Je veux pas te décevoir, mais j'ai repéré personne dans la salle, lui dit Bill. Y'avait personne d'intéressant ce soir, vraiment, ajouta-t-il intérieurement. Plus de t-shirt rose, pas de brune...
- Elle va venir, tenta de se convaincre David.
- Une partie de ping-pong ? proposa Gustav
- Bof...
Du côté des Tokio Hotel, l'heure n'était vraiment pas à la fête. Après avoir attendu quelques temps dans leurs loges, David décida qu'il était trop tard pour que j'arrive... Résigné, il ordonna alors aux autres de lever le camp :
- Bon, vous allez pouvoir rentrer chez vous. La salle est presque rangée et puis vous avez fini votre job. Vous préférez l'avion ou le bus ?
- ...
Aucune réponse ne sortit des 4 autres qui regardaient le sol aussi triste et déçu que des abeilles sans fleurs (c'est mieux que Calimero).
- On verra ça après. Allons déjà dans le bus, dit Georg.
- Bon, vous avez 3 semaines off maintenant. Profitez-en pour commencer votre nouvelle album et vous reposer. N'en faites pas trop. Vous avez encore un mois de tournée en Amérique et là, faudra vous imposer !
- J'aurais mieux fait de rester sur le toit, pensa Bill.
- Au fait, Bill, ajouta David, tiens-toi éloigné des cueillières pour un certains temps, s'il te plait !
- Ahah ! très drôle !
Ils montèrent alors dans le bus qui les ramenait chez eux. La fin d'une tournée, c'était toujours durs pour eux. Ils aimaient faire plaisir au public et ressentir les vibrations de la foule. Malgré l'épuisement général des membres du groupe, ils auraient bien continué encore un peu, voir pour retourner en Suisse, on sait jamais... Dans un dernier espoir, Bill regarda par la fenêtre et vit ce qui n'était pas possible de voir :
- STOOOOOOP ! Arrêtez-vous ! Elle est là ! J'en suis sûre !!! Je l'ai vue ! Je l'ai vue !!!
- Quoi ? hurla le chauffeur
- Rien, mon frère hallucine ! Continuez votre route.
- Non non non, faut qu'on s'arrête, je l'ai vu, j'te dis, Tom ! Elle était là, elle est revenue.
- Accompagnée, osa Gustav ?
- Oui, non, je sais pas, je m'en fous en fait ! Elle est là.
- Ecoute frangin, t'es crevé comme nous. T'aurais bien aimé la voir, je comprends mais là, t'as complètement halluciné. Alors va te coucher un moment ou jouer à la play... Et pis, si elle avait été là, je l'aurais repéré avant toi, ricana Tom.
- Toi, tu la touches pas !!! lui hurla son frère.
- Empêche-moi si tu peux !
- Elle est à moi !!!
- Tu l'as pas réservée que je sache !
Habitués à entendre les deux frères s'engueuler, Gustav s'installa dans le lounge à l'étage supérieur pour écouter un peu de musique. Il sentait déjà l'odeur de Georg qui n'avait pas eu le temps de prendre une douche en sortant du concert.
- ça, ça va pas me manquer, pensa-t-il.
Georg s'était assoupi depuis peu sur son lit en s'imaginant se trouver une belle et riche américaine bientôt.


Le bus nous passa devant, sans rien voir à l'intérieur, comme au premier concert. Aucun mouvement à l'intérieur... Pas de David à l'horizon. Cette fois, c'était vraiment foutu.
- On a loupé notre vie !!! se plaigna Virginie.
- Mais non, mais non ! essayais-je de la raisonner.
- Si, on avait enfin des entrées backstage et on a pas été foutu de trouver la salle à l'heure.
- Ben t'avais qu'à acheter la bonne carte ! lui reprocha Muriel.
- Voilà, maintenant, c'est de ma faute !
- Ben ouais
- Et Géraldine ?! Elle avait qu'à rouler plus vite !!!
- Mais oui !!! pour nous faire arrêter par les flics ?! Et Muriel ? C'est elle qui a réglé le GPS ? Elle avait qu'à prévoir qu'y avait des sens interdits...
- Mais bien sûr ! vous faites toutes chier ! J'aurais mieux fait de rester en Suisse plutôt que de vous suivre !
- Ta gueule ! T'étais bien contente de pouvoir venir !
Hurlant de tous les côtés, sans vraiment savoir à qui on en voulait le plus, Delphine lâcha prise et s'assis sur un banc non loin de là. A court de souffle et de voix, on la rejoigna finalement ; assise les quatre, trop déçues et épuisées pour en vouloir aux autres. C'est à ce moment-là que l'on remarqua dans le noir une silhouette s'approcher de nous...

# Enviado el viernes 08 de agosto de 2008 08:14